Au réveil, l'air froid de ma maison près de Strasbourg m'a pris la peau au visage, déjà sensible en hiver. J'avais sous la main deux savons artisanaux : un savon à base d'huile d'olive, riche en glycérine, et un autre à base d'huile de palme, plus alcalin. Dès la première utilisation, j'ai senti leurs différences sur ma peau mixte. J'ai décidé de mener un test sur trois semaines, deux fois par jour, pour mesurer la mousse, le confort au rinçage et le risque de tiraillement. Mes observations détaillées, appuyées par des mesures précises de pH et la sensation réelle au quotidien, m'ont permis de mieux comprendre comment ces ingrédients influent sur ma peau en hiver.
Comment j’ai organisé ce test dans mon quotidien hivernal
Ma peau mixte, en plein hiver à Strasbourg, réagit vite aux changements : l'air sec de mon intérieur chauffé à 19 degrés assèche souvent mes joues, tandis que ma zone T reste grasse. J'ai intégré ces savons dans ma routine matinale et du soir, me lavant le visage deux fois par jour, pendant 21 jours. L'humidité dans l'appartement tourne autour de 35 %, ce qui ne favorise pas l'hydratation naturelle. Le savon est donc un geste clé pour moi, directement lié au confort ressenti après le lavage. J'ai noté chaque sensation, la tenue de la mousse, et l'effet sur ma peau à froid, avant de poser mes crèmes habituelles.
Le premier savon est un pain artisanal à base d'huile d'olive, pesant 110 grammes, acheté 7,50 euros. Son pH mesuré en laboratoire tourne autour de 8, ce qui est modérément alcalin. Sa texture est dense, légèrement grasse au toucher, et il dégage une odeur douce, presque neutre. Le taux de glycérine estimé est élevé, ce qui devrait aider à maintenir l'hydratation de ma peau. Le deuxième savon, 100 grammes pour 6,90 euros, est fabriqué à partir d'huile de palme. Son pH, plus élevé, avoisine les 10 selon les tests, ce qui m'a immédiatement alertée. Sa texture est ferme mais sa mousse m'a semblé plus collante dès la première utilisation. Son taux de glycérine est plus faible, ce qui pourrait jouer sur le confort.
Ce que je voulais vérifier précisément, c'était la qualité de la mousse : est-elle dense ou gélifiée ? Ensuite, la sensation sur la peau au rinçage, notamment le ressenti de tiraillement ou de douceur. Enfin, j'ai pris le temps de noter l'évolution de l'hydratation et de l'équilibre de ma peau sur les joues et la zone T. J'étais aussi attentive à l'apparition éventuelle de rougeurs ou de plaques sèches, signes que le savon aurait pu déséquilibrer ma peau mixte, particulièrement sensible en hiver.
Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas avec le savon à l’huile de palme
Dès les premiers lavages avec le savon à l'huile de palme, j'ai senti une différence. La mousse qui se formait n'était pas légère ni aérienne. Au contraire, elle était gélifiée, presque lourde, et collait à mes doigts comme une pâte épaisse. Cette sensation contrastait fortement avec la mousse légère et crémeuse du savon à l'huile d'olive que j'avais testé la veille. J'ai touché ma peau humide après rinçage et j'ai senti ce film collant, qui m'a paru étrange et peu agréable.
Au rinçage, même en insistant, la sensation de tiraillement était marquée, principalement sur mes joues. Je rinçais à l'eau tiède, pendant environ 30 secondes, en prenant soin de bien masser pour éliminer toute trace de savon. Malgré cela, ma peau semblait tendue, sèche, comme si elle perdait son film protecteur. Le froid extérieur et la faible humidité intérieure ne pouvaient pas tout expliquer, car je n'avais jamais ressenti cela avec d'autres savons. Cette sensation se répétait matin et soir, à chaque geste.
J'ai alors regardé et puis près le pH mesuré en laboratoire. Avec un pH autour de 10, ce savon est clairement très alcalin. Ce niveau agit directement sur le film hydrolipidique de la peau, le dissolvant partiellement. Ce film est pourtant indispensable pour retenir l'eau et protéger des agressions extérieures. En dégradant ce bouclier naturel, le savon à l'huile de palme provoque une perte hydrique qui se traduit par ce tiraillement désagréable. La mousse gélifiée et collante du savon à base d'huile de palme, avec son pH autour de 10, étouffait littéralement ma peau, provoquant un tiraillement que je n’avais jamais ressenti avec un savon plus doux.
Au début, j'ai pensé que le rinçage n'était pas assez long. J'ai donc prolongé la durée, allant jusqu'à 1 minute sous l'eau tiède, en insistant sur chaque zone. Malgré ce soin, la peau restait tendue, ce qui m'a poussée à vérifier la composition plus en détail. J'ai découvert que la proportion de soude utilisée pour faire ce savon était élevée, expliquant ce pH alcalin. Ce moment a été un vrai déclic pour moi : ce n'était pas un problème de geste, mais bien un échec lié à la formulation. J'ai arrêté d'utiliser ce savon et j'ai repris l'autre, plus doux.
Trois semaines plus tard, la surprise avec le savon à l’huile d’olive
Au fil des jours, le savon à l'huile d'olive s'est révélé plus agréable que prévu. La mousse dense et crémeuse qu'il produit tient environ 1 minute sur mon visage, ce qui me laisse le temps de bien nettoyer sans forcer. J'ai apprécié ce nettoyage fiable, qui ne laisse pas ma peau sèche ou tendue. Au contraire, le toucher reste doux après le rinçage, même dans ma chambre à 19 degrés avec une humidité assez basse. Cette mousse légère mais consistante m'a donné un vrai confort, sans sensation de pellicule sur le visage.
Je suis aussi allée plus loin dans l'observation : au bout de deux semaines, j'ai constaté une progrès visible de l'hydratation, notamment sur mes joues et mes tempes, qui sont d'habitude les zones les plus sèches en hiver. La peau était plus souple, les rougeurs ont diminué, et surtout, je n'avais plus ce tiraillement désagréable au rinçage. La zone T, souvent grasse, restait nette sans effet gras ni film collant. Cette balance entre nettoyage et hydratation m'a surprise, car je ne pensais pas qu'un savon à base d'huile d'olive pourrait tenir aussi bien en hiver.
En regardant en plus de ça près, j'ai compris que la glycérine naturellement présente dans le savon à l’huile d’olive agit comme un humectant, empêchant la mousse de se transformer en une pâte collante et limitant ainsi le tiraillement sur ma peau mixte en hiver. Cette molécule attire l'eau et garde la peau hydratée même après le lavage. C'était d'ailleurs la différence la plus nette avec le savon à l'huile de palme, où l'absence de glycérine suffisante a favorisé cette gélification collante et désagréable.
Au bout de trois semaines, je n'ai pas remarqué de voile blanchâtre ou de résidu alcalin sur ma peau malgré un usage quotidien, ce qui confirme une bonne tolérance cutanée. Le savon a tenu le choc malgré l'humidité parfois basse et le froid extérieur. J'étais même étonnée de ne pas sentir de légère odeur rance, un problème que j'avais déjà rencontré avec d'autres savons artisanaux faits maison. Cette stabilité dans la qualité m'a rassurée et m'a donné envie de continuer à privilégier des savons avec un pH modéré et un bon taux de glycérine.
Mon verdict après ce test : qui devrait choisir quoi et pourquoi
Au final, mes résultats factuels montrent clairement que le savon à l'huile d'olive, avec un pH autour de 8, une mousse dense qui tient environ une minute, un bon taux de glycérine et un prix de 7,50 euros pour 110 grammes, a été plus doux et confortable pour ma peau mixte en hiver. J'ai pu l'utiliser quotidiennement pendant 21 jours sans tiraillement, avec une gain nette de l'hydratation et moins de rougeurs. Le savon à l'huile de palme, plus alcalin (pH 10), a donné une mousse gélifiée collante et un tiraillement dès le rinçage, malgré un rinçage long et soigné. Son prix était un peu moins élevé, 6,90 euros les 100 grammes, mais le compromis sur le confort ne m'a pas convaincue.
J'ai relevé quelques limites : le savon à l'huile d'olive nettoie un peu moins intensément la zone T grasse, ce qui peut nécessiter un complément. Le savon à l'huile de palme s'est montré trop agressif, provoquant un dessèchement brutal et l'apparition de plaques sèches sur mes joues, un vrai frein pour moi en hiver. Ces observations m'ont rappelé qu'il ne faut pas confondre savon artisanal et savon surgras, car utiliser un pain trop agressif peut entraîner une recrudescence de zones grasses ou de sécheresse, selon la peau.
Pour ma peau mixte et sensible en hiver, je privilégie clairement le savon à base d'huile d'olive. En revanche, pour une peau grasse ou en été, un savon avec un pH plus élevé et un pouvoir nettoyant plus fort pourrait mieux convenir. Je sais aussi que les savons surgras au beurre de karité, que j'ai déjà testés, apportent un confort nourrissant intéressant pour les peaux sèches et très sensibles en période froide. Par contre, j'évite les savons à base d'huile de coco trop agressifs, qui m'ont déjà provoqué des plaques sèches et un tiraillement marqué après quelques jours.
- Peau mixte sensible en hiver : savon à l'huile d'olive, glycérine élevée, pH modéré
- Peau grasse : savon plus alcalin, mais usage limité en hiver
- Peau sèche : savon surgras au beurre de karité pour un effet nourrissant
- À éviter en hiver : savon à base d'huile de coco trop agressif
Ce test m'a appris à bien regarder le pH et la teneur en glycérine avant de choisir un savon pour ma peau en hiver. Le prix entre 6 et 9 euros pour 100 grammes paraît raisonnable au regard de la durée d'utilisation d'environ un mois. J'ai aussi gardé en tête que le rinçage doit être soigneux pour éviter des résidus alcalins qui peuvent irriter. Depuis, je laisse sécher mes savons à l'air libre pour limiter le phénomène de glaçage des plaquettes, ce qui altérait parfois la mousse. Cette expérience m'a vraiment aidée à choisir avec des repères clairs, selon mes besoins réels.


