J’ai mis en place une salle de bain zero waste pendant six mois, avec trois ajustements pour sauver l’expérience

mai 3, 2026

Le savon que j'avais posé sur son porte-savon s'est soudainement déformé sous mes doigts, tout ramolli, presque gluant. Ce contact désagréable avec mon savon solide artisanal m'a forcée à faire une pause et à observer ma routine zéro waste en salle de bain. Au bout de quelques semaines, les démangeaisons de mon cuir chevelu après le shampoing solide et l'accumulation d'eau stagnante dans mon porte-savon plastique m'ont convaincue qu'il fallait agir. J’ai donc décidé de tester trois corrections : remplacer le porte-savon par un modèle en bois ajouré avec drainage, ajouter un rinçage au vinaigre de cidre dilué pour mes cheveux, et ajuster ma recette maison de dentifrice solide en réduisant la quantité de bicarbonate. Ce protocole, que j’ai suivi pendant six mois, m’a permis d’observer concrètement si ces ajustements pouvaient sauver mon expérience zéro déchet dans la salle de bain.

Comment j'ai installé et testé ces trois corrections dans ma routine quotidienne

Pendant six mois, j’ai intégré ces ajustements à ma routine de salle de bain qui, entre le travail, les matins pressés et les devoirs des enfants, reste assez chargée. J’utilisais mes savons solides artisanaux faits à base d’huiles locales presque tous les jours, en particulier le savon au lait d’ânesse que j’apprécie pour sa douceur. La salle de bain est naturellement humide, surtout en hiver, ce qui complique la conservation de mes savons. Mon rythme impose que mes produits sèchent rapidement entre deux utilisations, sinon ils ramollissent vite. J’ai donc dû trouver des solutions qui tiennent dans ce contexte, sans alourdir mes matins.

Pour le porte-savon, j’ai choisi un modèle en bois ajouré, fabriqué artisanalement, qui laissait passer l’eau sans la retenir. Ce choix venait du constat que mon ancien porte-savon en plastique retenait l’eau, accélérant le ramollissement de mes savons après environ deux mois d’usage. Le porte-savon en bois, de dimensions 12 par 8 centimètres, est légèrement incliné pour faciliter l’écoulement. Je l’ai positionné sur une surface plate, loin des éclaboussures directes, et je l’ai nettoyé à la main une fois par semaine pour éviter toute accumulation de saletés. J’ai préféré ce modèle car il élimine l’eau stagnante, contrairement aux porte-savons classiques qui ne permettent pas un drainage naturel.

Le rinçage au vinaigre de cidre a été intégré après chaque shampoing solide, environ trois fois par semaine. J’ai dilué le vinaigre à 5 % à raison de 2 cuillères à soupe dans un verre d’eau tiède. Le rinçage se faisait en versant doucement la solution sur mes cheveux, en évitant le contact direct avec les yeux, puis je laissais agir une minute avant de rincer à l’eau claire. Au début, la légère odeur acidulée m’a surprise, mais elle s’est rapidement estompée. Ce geste supplémentaire ne m’a pas semblé contraignant après quelques usages, même avec mes enfants qui partagent la salle de bain. Le rinçage a surtout été pensé pour contrer le voile gras que je constatais souvent après le shampoing solide.

Enfin, pour mon dentifrice solide maison, j’ai ajusté la recette en réduisant la quantité de bicarbonate de sodium d’environ 30 %. Je suis partie d’une base habituelle avec de l’argile blanche, de l’huile de coco et des huiles centrales, mais j’avais remarqué que la version initiale provoquait une sensation abrasive désagréable sur mes dents. J’ai testé la nouvelle recette en l’utilisant deux fois par jour, soigneusement en frottant avec ma brosse à dents souple, pour éviter toute irritation. Ce changement était important pour que je puisse garder un geste zéro déchet sans sacrifier le confort buccal. Mes enfants ont aussi essayé, ce qui m’a permis d’observer leurs réactions différentes.

Le jour où j'ai compris que ça ne marchait pas avant les ajustements

C’était un matin d’automne, la lumière passait à travers la fenêtre embuée de la salle de bain quand j’ai soulevé mon savon. J’ai découvert que mon savon avait ramolli parce que le porte-savon plastique accumulait une flaque d’eau invisible à l’œil nu, ce qui n’avait jamais été aussi net avant mes six mois de test. Le savon était déformé, collant au support, et il s’effritait quand je le prenais. J’ai senti une forme de déception, car j’avais pourtant choisi ce savon solide artisanal avec soin, en espérant limiter mes déchets. Ce constat m’a poussée à examiner et puis près mon installation et à chercher une solution à ce problème de stockage.

J’ai mesuré l’humidité autour de mon porte-savon plastique en observant le temps de séchage de mes savons. Avant l’ajustement, il fallait plus de 48 heures pour que le savon retrouve une texture dure, alors que dans un environnement sec, un savon solide doit sécher en moins de 24 heures. La présence d’eau stagnante sous le savon empêchait cet assèchement naturel. Visuellement, le plastique gardait une petite flaque d’eau qui ne s’évaporait pas, même après plusieurs heures sans utilisation. Ce phénomène a accéléré la dégradation de mes savons, ce qui m’a incitée à changer de porte-savon.

Par ailleurs, après mon shampoing solide, j’ai commencé à ressentir un voile gras sur mes cheveux fins, avec des démangeaisons qui ne partaient pas. Ce voile s’installe comme un film collant, rendant mes cheveux lourds et ternes, et je devais me frotter le cuir chevelu pour trouver un peu de soulagement. J’ai compris que le rinçage seul à l’eau ne suffisait pas, surtout avec mes cheveux qui n’ont pas une grande densité. Ce problème m’a poussée à introduire un rinçage spécifique pour dissiper ce film.

Ma première recette de dentifrice solide maison a aussi montré ses limites. J’ai ressenti une sensation abrasive sur mes dents, comme si mes plaquettes dentaires étaient grattées à chaque brossage. Après quelques jours, cette gêne s’est accentuée, et j’ai compris que l’excès de bicarbonate en était la cause. Cette sensation abrasive m’a poussée à revoir la formulation, car je ne voulais pas risquer d’abîmer mes dents ou d’avoir une gêne buccale durable. C’est à ce moment que j’ai décidé de réduire la proportion de bicarbonate pour rendre l’usage plus confortable.

Trois semaines plus tard, la surprise avec les corrections appliquées

Après avoir installé le porte-savon en bois ajouré, j’ai constaté que mes savons solides restaient durs beaucoup plus longtemps. J’ai suivi la durée de vie de mon savon artisanal préféré, et au lieu des 60 jours habituels avant que la gélification ne commence, il a tenu environ 90 jours sans ramollir, ce qui représente un tiers de temps supplémentaire. Le bois drainait naturellement l’eau, ce qui empêchait la formation de flaques. J’ai aussi remarqué que le savon ne collait plus au support, ce qui facilitait sa prise en main. Ce changement a donné à ma routine un aspect plus fluide, car je n’étais plus obligée de changer de savon toutes les deux semaines.

Le rinçage au vinaigre de cidre a eu un effet visible sur mon cuir chevelu. Au bout de trois semaines, le voile gras qui ternissait mes cheveux fins avait disparu. Mes cheveux avaient gagné en brillance, avec un toucher plus léger et moins de démangeaisons. Le geste, simple mais précis, consistait à verser doucement la solution diluée sur mes cheveux en fin de lavage. L’odeur acidulée du vinaigre s’estompe rapidement, et ce rinçage ne laisse pas de résidu collant. J’ai même remarqué que mes enfants avaient les cheveux plus doux après ce geste, ce que je n’attendais pas forcément.

La modification de la recette du dentifrice solide, avec une réduction d’environ 30 % du bicarbonate, a rendu l’usage beaucoup plus confortable. La sensation abrasive a nettement diminué, ce que j’ai pu vérifier en frottant mes dents avec la brosse souple. Le confort buccal est revenu, sans irritation ni sensation de sécheresse. La pâte a aussi gagné en densité, ce qui a légèrement prolongé sa durée d’utilisation : j’ai passé de 3 semaines d’usage intensif à presque 4 semaines. Ce résultat m’a encouragée à continuer avec cette nouvelle formule, même si le dosage exact reste délicat à maîtriser.

Mon verdict après six mois : ce qui a vraiment changé et ce qui reste à renforcer

Après six mois, j’ai pu constater que le rinçage au vinaigre de cidre éliminait complètement le voile gras sur mes cheveux fins, un problème que je pensais insoluble avant ce test. La durée de vie de mes savons solides artisanaux s’est allongée d’environ 30 %, passant de 60 à 90 jours grâce au porte-savon en bois ajouré. Mon cuir chevelu est plus confortable, sans démangeaisons, et mes cheveux paraissent plus brillants et légers. Le dentifrice solide ajusté me procure un brossage doux sans abrasion, avec une durée d’utilisation prolongée d’une semaine environ. Globalement, ma routine zéro waste est devenue plus agréable à vivre, même si elle demande un peu plus d’attention.

Malgré ces progrès, j’ai aussi rencontré quelques limites. Le rinçage au vinaigre demande un temps supplémentaire dans ma routine, environ 3 à 4 minutes en plus de ça à chaque lavage, ce qui n’est pas toujours évident avec mes enfants pressés. L’odeur du vinaigre, même diluée, persiste légèrement quelques minutes, ce qui peut surprendre les personnes sensibles aux odeurs. Le dosage du dentifrice maison reste un exercice d’équilibre : trop peu de bicarbonate, et le nettoyage semble insuffisant ; trop, et la sensation abrasive revient. Enfin, le porte-savon en bois nécessite un entretien régulier pour éviter les dépôts de savon durcis et l’apparition de moisissures, un nettoyage hebdomadaire que je n’avais pas anticipé.

Ces corrections fonctionnent bien pour mon type de peau sensible et mes cheveux fins, ainsi que pour une salle de bain assez humide comme la mienne. Si tu as un cuir chevelu plus gras ou une peau plus résistante, la fréquence de rinçage au vinaigre ou la recette du dentifrice peuvent nécessiter d’autres ajustements. Pour la suite, j’envisage d’essayer un shampoing solide formulé spécifiquement pour les cuirs chevelus sensibles, ainsi qu’un dentifrice en poudre pour mieux doser la texture abrasive. Côté porte-savon, un modèle à double drainage pourrait encore limiter les résidus d’eau, mais je veux d’abord maîtriser l’entretien du bois. Ces pistes me semblent intéressantes, même si je reste vigilante à ne pas trop complexifier ma routine.

Camille Grosjean

Camille Grosjean publie sur le magazine Soapy and Co des contenus consacrés aux savons artisanaux, aux soins lavants et aux routines beauté simples. Son approche repose sur la clarté, la pédagogie et des repères concrets pour aider les lecteurs à mieux comprendre les produits et leurs usages au quotidien.

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