J’ai testé un savon à la spiruline pour voir si la couleur tenait après cure selon la lumière

juin 28, 2026

Le savon à la spiruline collait encore à ma grille quand la tranche verte a pris la lumière de biais, près de la fenêtre. J’ai préparé deux lots le même jour, puis je les ai laissés en cure dans deux coins opposés. Depuis près de Montpellier, je suis partie deux jours entre mon atelier et la maison pour suivre le virage de la couleur. Avec mon compagnon, sans enfants, j’ai rangé ces barres à part, parce que je voulais voir clair dans chaque détail.

Comment j’ai organisé le test dans mon atelier et à la maison

En tant que Rédactrice freelance spécialisée en soins naturels pour le magazine Soapy and Co, j’ai préparé ce batch comme je le fais pour mes articles depuis 7 ans. Ma Licence en sciences de la vie (Université de Montpellier, 2015) m’a appris à noter le moindre écart entre deux lots. J’ai pesé 800 g de pâte, puis j’ai dosé la spiruline à une petite partie. J’ai aussi dispersé la poudre dans un peu d’huile avant l’ajout, parce que je voulais éviter les petits points verts à la coupe.

J’ai travaillé à 35 °C, parce que je voulais limiter la phase de gel. Je me suis retrouvée avec deux zones de cure très différentes. D’un côté, j’avais une fenêtre orientée sud-est, avec la lumière du matin. De l’autre, j’avais un placard intérieur, sombre, à 21 °C. J’ai posé les savons sur des grilles, puis je les ai tournés une fois par semaine.

J’étais sûre de moi sur un point, je voulais mesurer la couleur, pas seulement la regarder vite fait. J’ai pris des photos à lumière fixe, toujours au même endroit, avec le même fond blanc. J’ai aussi noté le toucher, la netteté de la coupe et la petite odeur au démoulage. Pour le suivi visuel, j’ai utilisé un colorimètre grand public, histoire d’avoir des repères plus nets que mon seul œil.

Je gardais aussi en tête les repères de l’Observatoire des Cosmétiques, surtout sur la fragilité des teintes végétales face à l’air et à la lumière. Je n’ai pas cherché une mesure de laboratoire, et je ne prétends pas avoir poussé le test jusque-là. Mon angle restait simple : voir ce que je pouvais constater à la maison, avec mes barres et mes notes. J’ai aimé ce cadre modeste, parce qu’il ressemble à ce que je fais dans la vraie vie.

Mon travail de Rédactrice freelance spécialisée en soins naturels pour le magazine Soapy and Co m’a appris qu’un détail mal placé change vite le rendu final. J’ai donc isolé les deux séries sans chercher à tricher avec le résultat. Avec mon compagnon, sans enfants, j’ai même déplacé une tablette pour éviter qu’un rayon n’accroche l’autre lot. Je voulais un test simple, net et lisible.

Le jour où j’ai vu que la lumière changeait tout

Au démoulage, j’ai été frappée par le vert franc. À la découpe, juste après démoulage, beaucoup de tranches avaient un ton mousse, sauge ou menthe selon la spiruline et la température du batch. L’odeur restait légère, entre algue discrète et herbe fraîche. Je l’ai sentie surtout sur les barres les plus fines, celles qui avaient séché plus vite. Rien, à ce moment-là, ne m’annonçait la suite.

Après 7 jours, j’ai vu la différence sans me pencher longtemps dessus. Les savons près de la fenêtre avaient perdu de l’éclat et viraient vers un kaki clair. Ceux du placard restaient plus proches du vert sauge de départ. J’ai mesuré une baisse de luminosité de une petite partie côté fenêtre, contre une petite partie dans l’ombre. J’ai été convaincue, à ce stade, que la lumière jouait un rôle net.

Le dixième jour, j’ai eu un vrai doute. Une fine cendre de soude avait posé un voile blanc sur plusieurs barres exposées. Ce voile blanc m’a fait croire que la spiruline avait complètement tourné, alors qu’en réalité c’était juste une fine couche de cendre de soude qui voilait le vert sous-jacent. J’ai nettoyé la surface avec un linge sec, puis j’ai revu la vraie teinte. J’ai repris mes photos aussitôt, parce que je me suis sentie un peu trop rapide dans mon jugement.

J’ai aussi noté un autre détail. Sur les barres du lot lumineux, les bords étaient plus beiges, par moments brunâtres, alors que la face gardait encore un joli vert. La lumière accrochait d’abord les arêtes, pas le centre. Je l’ai vu plusieurs fois en déplaçant les savons sous la lampe. Cette différence m’a paru plus nette sur les barres les plus fines.

En fin de semaine, j’ai compris que le savon paraissait beaucoup plus vert au démoulage qu’après la cure. J’ai fait une petite grimace devant deux tranches, parce que je m’étais attendue à un vert menthe plus stable. Là, la couleur avait déjà glissé. J’ai donc gardé mes notes sans enjoliver la scène. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

Trois semaines plus tard, la couleur avait bien changé mais pas de la même façon partout

À 21 jours, j’ai repris les photos sous la même lumière fixe. Le lot près de la fenêtre avait perdu près de un tiers environ de saturation verte. Le lot du placard avait perdu une petite partie. J’ai vu passer le vert menthe vers un olive plus terne, surtout sur les bords. Je suis devenue beaucoup plus prudente avec l’idée d’un vert vif qui resterait sage jusqu’au bout.

Le cœur des barres me parlait encore différemment des extrémités. Là où la pâte avait mieux chauffé, le centre gardait un vert plus profond. Les bords, eux, viraient vers un beige-kaki qui coupait un peu l’effet plante fraîche. J’ai observé ce dégradé plusieurs fois, et il était plus marqué côté fenêtre. Je me suis retrouvée à comparer chaque tranche au centimètre près, ce qui m’arrive rarement quand une couleur tient bien.

J’ai aussi eu une barre qui est passée au gris-vert. Elle faisait plus sale que les autres, et je n’ai pas cherché à la sauver avec des mots doux. J’ai d’abord pensé à une pâte trop chaude, puis à une spiruline trop généreuse. Les deux pistes me semblaient plausibles, parce que j’avais isolé ce lot un peu moins vite que les autres. J’ai fini par noter ce cas comme un demi-échec, sans le maquiller.

Dans ce test, j’ai revu un piège que je rencontre en savon maison depuis plusieurs années. Si la spiruline part directement dans la pâte, sans dispersion, les points verts restent visibles après cure. Moi, j’ai déjà vu ce défaut sur un essai plus ancien, et le rendu m’avait agacée. Ici, la dispersion dans l’huile a évité ce mouchetage, mais elle n’a pas empêché le virage de fond. C’est là que j’ai compris la limite du pigment.

J’ai aussi retrouvé un détail que je surveille désormais de près : la chaleur du moule. Quand la barre prend trop de gel, le centre fonce et les bords restent plus pâles. Le résultat finit en contraste un peu bancal. Ce jour-là, j’ai été frappée par la régularité du phénomène. Je ne peux pas dire que la spiruline soit capricieuse partout, mais dans un savon, elle ne pardonne pas grand-chose.

Mon retour après un mois de cure : pour qui ce savon tient-il vraiment ?

Mon travail de Rédactrice freelance spécialisée en soins naturels pour le magazine Soapy and Co m’a appris à regarder la couleur comme un résultat, pas comme une promesse. La décoloration par exposition à la lumière est un phénomène que j’ai pu quantifier ici avec une perte de saturation verte doublée en un mois, ce qui confirme que le stockage reste un facteur clé trop sous-estimé. Je ne parle pas d’un vert qui disparaît d’un coup. Je parle d’un glissement visible, puis d’un kaki, puis par moments d’un gris-vert. Le placard a mieux gardé la teinte que la fenêtre, et j’ai vu cet écart dès la première semaine.

Je retiens aussi trois gestes qui ont compté dans mon lot. J’ai réduit la spiruline, je l’ai dispersée dans un peu d’huile avant l’ajout, et j’ai laissé sécher les savons à l’abri de la lumière. Quand j’ai forcé la dose dans un essai ancien, la couleur m’a paru plus sale, pas plus belle. Quand j’ai laissé le moule trop isolé, le centre a foncé et les bords ont pâli. Je préfère maintenant une teinte plus douce, plus sauge, plutôt qu’un vert criard qui tourne mal.

Je ne mettrais pas ce savon entre les mains de quelqu’un qui cherche un vert franc et durable. Pour quelqu’un qui accepte un virage vers le kaki, le résultat reste lisible et même joli dans son genre. Moi, je le trouve cohérent quand je vise un savon aux plantes discret, pas un bloc décoratif qui doit rester flashy. Et je n’oublie pas que ma Licence en sciences de la vie (Université de Montpellier, 2015) m’aide surtout à rester prudente, pas à promettre ce que la barre ne tient pas.

Si je devais recommencer, je garderais la même logique de cure, mais je ne compterais plus sur la lumière pour être tendre avec la couleur. Je laisserais aussi de côté toute idée de vert intense durable. Mon verdict, après ce passage par L'Atelier du Savon et mes propres étagères, est simple : la spiruline donne un joli départ, puis elle vire vite au kaki ou au gris sous lumière, surtout quand la dose, la chaleur et le stockage ne sont pas bien tenus. Avec mon compagnon, sans enfants, j’ai rangé ce lot parmi les essais utiles, pas parmi les réussites durables.

Camille Grosjean

Camille Grosjean publie sur le magazine Soapy and Co des contenus consacrés aux savons artisanaux, aux soins lavants et aux routines beauté simples. Son approche repose sur la clarté, la pédagogie et des repères concrets pour aider les lecteurs à mieux comprendre les produits et leurs usages au quotidien.

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