Le savon surgras à l’avoine sur peau grasse, un mois de test

août 28, 2026

Le savon surgras à l’avoine m’a laissé les doigts glissants et le lavabo tiède, un samedi de février, quand j’ai ouvert la boîte de la Savonnerie des Tilleuls. J’ai été convaincue de le tester parce que ma zone T brillait, mais mes joues tiraient après le rinçage. J’ai payé 7 euros et je l’ai gardé 31 jours, matin et soir au départ, avec mon compagnon, sans enfants, dans notre salle de bain près de Montpellier. J’ai noté chaque sensation, chaque rinçage, chaque changement visible.

J’ai commencé en lavant mon visage matin et soir, sans rien changer d’autre

J’ai commencé par laver mon visage matin et soir, sans rien changer d’autre. Je suis partie avec une eau moyennement calcaire, un linge doux, et aucun autre nettoyant sur le visage. Au début, je me suis retrouvée avec une impression de peau propre, puis un léger tiraillement au séchage, surtout sur les joues et autour du nez. notre foyer se limite à nous deux et j’ai préféré un protocole simple plutôt qu’un rituel chargé.

La barre faisait 98 grammes au départ, et je l’ai tenue dans la paume plutôt que sur le visage. Son odeur d’avoine était très discrète, presque céréale, loin d’un parfum appuyé. La mousse restait peu abondante, ce qui m’a d’abord fait hésiter, puis j’ai compris que ça venait de la texture artisanale. J’ai fait mousser dans mes mains pendant 14 secondes, puis j’ai posé la mousse sur la peau sans frotter la barre. Quand j’ai frotté une fois, par réflexe, j’ai aussitôt senti que les ailes du nez supportaient mal le geste.

Je voulais surtout comparer trois choses. Après le rinçage, je notais les tiraillements, puis je regardais la zone T à midi, et enfin je surveillais l’arrivée de boutons sur le menton. Je regardais aussi le confort général, parce qu’une peau grasse peut être luisante et pourtant manquer d’eau. J’avais déjà vu ça sur moi dans d’autres essais, et J’ai appris à distinguer brillance et souplesse. Là, je voulais des signes nets, pas une impression floue.

Au bout de deux semaines, j’ai vu que la peau tirait moins, mais la zone T brillait encore trop

Au bout de 11 jours, j’ai noté moins de tiraillement après le rinçage, surtout le soir. Mes joues donnaient moins cette sensation de carton, et le contour du nez me paraissait plus souple sous les doigts. Je suis devenue attentive à un détail que j’ignorais avant, la peau restait lisse, pas crissante, presque satinée quand je passais la serviette. J’ai aussi moins appliqué ma crème du soir, parce que ma peau semblait réclamer moins de secours.

À midi, j’ai testé un papier matifiant sur le front et le nez. Il s’est chargé vite, et j’ai retrouvé une zone T encore bien brillante, même si mes joues restaient calmes. J’ai répété le geste 6 fois sur la semaine 2, et le résultat m’a donné la même lecture. Le savon ne décapait pas, ça se voyait, mais ma peau continuait à luire en milieu de journée.

Puis j’ai vu que malgré le lavage doux, des petits boutons fermés sont apparus sur mon menton, là où je n’en avais jamais eu avant. J’ai été frappée par la vitesse du changement, parce qu’au départ je m’attendais seulement à moins de tiraillement. Le nez, lui, gardait un film un peu glissant après le rinçage, surtout quand je rentrais tard et que je me lavais à la hâte. Ce contraste m’a mise face à une peau grasse qui n’était pas si confortable, même si elle paraissait propre.

Au lavabo, j’ai vu un dépôt blanchâtre autour de la bonde après plusieurs lavages. L’eau devenait laiteuse, et la serviette accrochait un peu plus quand je rinçais vite. J’ai fini par ajouter 24 secondes de rinçage sur le menton, la mâchoire et la racine des cheveux.

Là, le film diminuait, mais pas au premier passage. C’est le point où j’ai compris que l’eau dure jouait dans mon ressenti, même sans changer le savon.

Un matin, l’évidence m’a sauté aux yeux : je faisais fausse route en usage matin et soir

Le matin du 18e jour, j’ai compris que ma routine ne tenait plus tout à fait. J’ai eu un léger tiraillement juste après le lavage, puis des rougeurs sur les ailes du nez alors que je pensais rester dans un geste très doux. J’étais sûre de moi, pourtant ma peau me contredisait avec une clarté gênante. Devant le miroir, j’ai vu le front qui brillait encore, mais les joues n’étaient plus rouges après lavage.

Ce matin-là, j’ai frotté la barre directement sur mes ailes du nez, et dans la minute qui a suivi, j’ai senti des picotements et vu des rougeurs, un vrai choc. Je n’ai pas insisté, mais j’ai senti tout de suite que le geste comptait autant que la formule. L’avoine, quand elle n’est pas ultra fine, laisse aussi une sensation un peu farineuse, avec de petits grains coincés au bord des narines. J’ai mis ça sur le compte du frottement, pas du savon lui-même.

Une fois la mousse faite dans les mains, ce point s’est nettement calmé. Le doute qui s’est installé, c’était simple : est-ce que ce savon surgras était trop riche pour ma peau grasse, surtout en double nettoyage ? J’ai passé plusieurs soirs à comparer mon visage au coucher et à midi, et la réponse penchait peu à peu vers le oui. Je me suis retrouvée avec plus de brillance dès que je l’utilisais deux fois dans la journée.

J’ai changé ma routine et réduit à un lavage par jour, voilà ce que ça a donné

J’ai réduit à un seul lavage par jour, le soir, puis je suis passée à l’eau tiède le matin. J’ai aussi posé la barre sur une coupelle bien aérée, parce que je l’avais laissée une nuit dans un porte-savon trop humide au début. Là, elle avait ramolli, creusé son milieu, et perdu de la matière plus vite que prévu.

Quand je l’ai remise au sec, sa texture s’est stabilisée au bout de 5 jours. Mon geste a changé, et le résultat aussi.

En une dizaine de jours, j’ai vu moins de film gras sur la zone T. Le front brillait encore, mais le nez accrochait moins, et mes boutons fermés ont commencé à s’aplatir sur le menton. Le soir, ma peau tirait moins qu’avant, surtout quand je rinçais bien et que je n’allais pas trop vite. J’ai gardé cette routine plus sobre parce que je respirais mieux dans ma salle de bain, tout simplement.

Au bout de 29 jours, la barre était encore là, avec une taille réduite mais pas pâteuse. Elle m’a tenu 4 semaines dans ces conditions, et je n’ai pas vu de ramollissement excessif après le séchage à l’air libre. J’avais déjà noté que les savons artisanaux gardent mal leur forme quand on les laisse tremper, et ce test me l’a rappelé sans détour. Ici, la coupelle aérée a clairement changé la donne, et ce détail compte autant que la formule.

À ce stade, j’ai aussi noté les pistes que j’ai gardées en tête si je voulais ménager une peau très grasse. Je les ai classées très simplement, parce qu’elles répondent chacune à un besoin précis.

  • Nettoyant gel doux sans savon pour le matin
  • Savon surgras à base d’argile verte ou charbon pour réguler la brillance
  • Utilisation du savon surgras uniquement pour le corps ou le soir
  • Compléter avec une crème légère non comédogène

Dans mon cas, j’ai gardé le savon pour le soir et j’ai laissé le matin à l’eau tiède. Si les boutons fermés durent, je laisse ce terrain à un dermatologue, et je n’insiste pas.

Mon verdict après un mois de test, pour qui ça marche vraiment

Après 31 jours, j’ai retenu trois faits. Mes tiraillements ont baissé d’un peu moins de la moitié, autour de une bonne moitie dans mon auto-évaluation, surtout le soir. Ma zone T est restée brillante, mais moins agressive qu’au début, et les petits boutons ont fini par s’estomper quand j’ai réduit la fréquence. J’ai aussi besoin de moins de crème le soir depuis le changement de rythme.

Je ne le garderais pas en double nettoyage sur une peau très grasse comme la mienne. L’eau dure m’a obligée à rincer plus longtemps, par moments 20 secondes et j’ai vu le dépôt grisâtre autour de la bonde plusieurs matins. Le savon surgras à l’avoine m’a paru trop riche quand je le forçais le matin, surtout avec le frottement direct. Si des boutons fermés restent là, je préfère passer la main à un dermatologue, parce que là je ne sors plus de mon champ.

Dans notre foyer à deux, mon compagnon et moi, j’aime garder ce type de barre, comme celle de la Savonnerie des Tilleuls, pour des tests simples, pas pour des routines chargées. Je retiens surtout qu’elle me convient mieux le soir, dans une eau douce ou très bien rincée. Si vous acceptez une brillance encore présente mais cherchez un nettoyage plus doux, elle peut convenir. Moi, je la garderais pour un visage à la fois gras et déshydraté, pas pour un nettoyage matin et soir.

Camille Grosjean

Camille Grosjean publie sur le magazine Soapy and Co des contenus consacrés aux savons artisanaux, aux soins lavants et aux routines beauté simples. Son approche repose sur la clarté, la pédagogie et des repères concrets pour aider les lecteurs à mieux comprendre les produits et leurs usages au quotidien.

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