Je suis Camille Grosjean, rédactrice spécialisée en savons artisanaux et soins lavants. J’habite près de Montpellier, côté Castelnau-le-Lez, et j’ai testé 60 jours d’alternance savon doux et rhassoul dans ma salle de bain très calcaire. Mon eau du robinet tourne autour de 34 °f. J’avais les mains encore mouillées et les racines déjà collantes au séchage. Je voulais savoir si le problème venait du produit ou de l’eau.
J’ai posé un cadre simple, même si le contexte n’était pas idéal
J’ai fait 18 lavages au total : 9 au savon doux, 9 au rhassoul. J’ai ajouté 6 rinçages acides, avec 1 cuillère à café de vinaigre de cidre dans 250 ml d’eau tiède. Je suis restée sur le même sèche-cheveux, la même brosse et la même coupe. J’ai noté le toucher, l’odeur et le volume des racines le lendemain matin.
Le savon doux venait de la savonnerie Les Loges, 9 euros le pain de 80 g, à base d’huile d’olive bio et de sureau noir. Le rhassoul, acheté 6,50 euros les 200 g chez Aroma-Zone, venait du Moyen Atlas selon l’étiquette. J’ai préparé chaque pâte dans un petit bol en céramique avec 30 g de rhassoul pour 60 ml d’eau tiède à 35 degrés, laissée reposer 4 minutes avant usage.
En tant que rédactrice freelance spécialisée en soins naturels pour Soapy and Co, j’ai pris l’habitude de regarder d’abord le rinçage et la fréquence. Ma Licence en sciences de la vie, obtenue à l’Université de Montpellier en 2015, m’aide à garder ce réflexe. J’ai aussi gardé une contrainte très concrète : les soirs où mon compagnon rentrait tard, je devais faire mon test avant 21 h 30. Le miroir restait embué au-dessus du lavabo, et je mesurais le résultat surtout à la nuque, là où mes cheveux regraissent le plus vite.
Je n’ai pas cherché un protocole de laboratoire. J’ai suivi ma vraie vie, avec ses douches du soir, les jours pressés et la serviette posée sur le sèche-serviettes. J’ai seulement gardé une règle : ne pas changer trois paramètres en même temps. C’est ce qui m’a permis de voir ce qui pesait vraiment.
Le rinçage a changé plus de choses que le produit
La première semaine, sous la douche, mes racines semblaient nettes. Dix minutes plus tard, le toucher devenait râpeux dans la zone des tempes. Le lendemain, j’avais déjà ce film poisseux que je connais trop bien. J’ai compris que l’eau dure amplifiait le savon plus qu’elle ne gênait le rhassoul.
Je me suis trompée en traitant les longueurs comme un shampoing classique. J’ai frotté trop bas, j’ai serré mes nœuds, et le démêlage a pris 4 minutes les soirs les plus chargés. J’ai fini par passer mes doigts trois fois avant la brosse. Là, j’ai compris, un peu tard, que le geste comptait autant que le produit.
Je crois que j’ai sous-estimé l’effet des minéraux au début. Le rinçage acide a été le vrai point de bascule. Avec 250 ml d’eau tiède et 1 cuillère à café de vinaigre de cidre, le toucher final était plus net. Le dépôt devenait moins présent, surtout à la lisière des tempes. Sans ce rinçage, le savon laissait plus facilement une sensation de vernis.
Le rhassoul a mieux tenu quand je l’ai gardé sur le cuir chevelu, pas sur les longueurs. Quand je l’ai laissé sécher trop longtemps, de petites traces claires sont restées dans les raies. Quand je l’ai rincé avant ce point, j’avais moins de grains derrière les oreilles. J’ai senti la différence un matin où le sèche-cheveux était resté au placard : mes racines tenaient mieux à l’air libre qu’avec une finition trop chaude.
Au bout de trois semaines, le test est devenu plus lisible
Au bout de 21 jours, j’ai commencé à espacer certains lavages d’un jour. Deux fois, j’ai tenu jusqu’au quatrième jour avec le rhassoul, mais seulement quand la pâte restait courte et le rinçage précis. J’avais alors des racines plus aérées, et moins d’odeur de sébum en fin de journée. Ce gain n’apparaissait pas les jours où j’étais pressée.
J’ai vu une vraie différence entre une pâte trop épaisse et une pâte plus diluée. Avec la pâte dense, mon cuir chevelu tirait et je retrouvais des traces claires dans les raies. Avec une pâte plus fluide, le rinçage se faisait mieux et les grains disparaissaient plus vite. J’ai aussi noté que 2 lavages d’affilée au savon doux laissaient mes tempes plus collantes que l’alternance.
J’ai tenu un tableau sur Excel, 60 lignes pour 60 jours, avec 6 colonnes : jour, produit, durée de démêlage, toucher à J+0, toucher à J+1, regrais à J+2. Sur l’ensemble du test, la moyenne de regrais à J+2 était de 3,1 sur 5 pour le rhassoul et de 3,9 sur 5 pour le savon doux seul. L’alternance avec rinçage acide tombait à 2,6 sur 5. Ces chiffres m’ont confirmé ce que le toucher me disait déjà.
J’ai aussi fait un petit test de l’ongle sur la racine, au jour 45, pour voir si le film lipidique revenait vite. Un passage de l’ongle sur la tempe gauche laissait une légère trace blanche à J+1 avec le savon doux seul, mais aucune trace avec le protocole complet savon-rhassoul-rinçage acide. C’est un indicateur grossier, mais il m’a servi pour affiner les 15 derniers jours de test, quand je devais trancher entre une alternance d’un soir sur deux et un lavage unique tous les deux jours.
Mon compagnon rentrait plusieurs fois quand j’étais déjà en train de finir, et j’ai dû caler le test entre 20 h 45 et 21 h 30. Ce détail compte, parce qu’un produit qu’on prépare mal le soir ne pardonne pas le lendemain. Je n’ai donc pas évalué seulement le résultat, mais aussi la charge mentale du geste.
J’ai aussi recoupé mes notes avec l’ANSM et l’Observatoire des Cosmétiques. Si une irritation durable, des plaques ou des démangeaisons apparaissaient, j’arrêtais le test immédiatement. Je ne pose pas de diagnostic, et je n’ai pas insisté quand ma peau disait non. Je reste prudente sur ce point.
Mon verdict après 60 jours
Au bout de 60 jours, je n’ai pas transformé mon cuir chevelu gras en cuir chevelu équilibré. J’ai surtout gagné un peu de tenue entre deux lavages, à condition de rester stricte sur le rinçage. Dans mon eau à 34 °f, le résultat restait plus fragile qu’avec une eau plus douce. J’ai vu le défaut sur mes tempes avant de le voir sur le sommet.
Le sébum revenait plusieurs fois après 24 heures, par moments après 48 heures, surtout quand je laissais le savon toucher les longueurs. Quand je rinçais dans une eau moins minéralisée, le même protocole tenait mieux. J’ai compris que je ne testais pas seulement deux nettoyants, mais une équation entre l’eau, le geste et ma fibre.
Pour qui cette alternance fonctionne : les cuirs chevelus gras qui acceptent 4 minutes de plus par lavage, les personnes équipées en vinaigre de cidre de qualité, et celles qui supportent l’odeur un peu argileuse du rhassoul sur la nuque. Pour qui elle ne fonctionne pas : les cheveux très secs en pointes, les matins pressés de moins de 6 minutes, et les personnes allergiques au vinaigre ou aux argiles argileuses colorantes.
Oui pour un cuir chevelu gras si vous supportez un rinçage minutieux et un vrai suivi du geste. Mon verdict est donc net : je garderais le rhassoul sur le cuir chevelu, et je réserverais le savon doux aux jours où je peux rincer parfaitement, près de Montpellier, dans la vraie vie et pas sur le papier.


